mardi 27 octobre 2015

PATY UPDATE FALL 2015




 



 ANGLOPHONES, PLEASE SCROLL DOWN !


SUITE PROJET HANDICAPES - GUATEMALA



Sofia


           Le projet-pilote, lancé au début de l'année (voir notre article du 25 février 2015) en faveur de 7 jeunes handicapés du Foyer Anini a connu,  selon la responsable Paty Diaz,  un réel succès.
             Le Foyer Anini a été créé à Guatemala City en 1985 par une douzaine de volontaires.  C'est une association à but non lucratif, sans aucune affiliation politique. Il accueille actuellement environ 70 personnes, principalement des orphelins, des enfants ou adultes abandonnés dont les âges s'échelonnent entre 1 an et demi et  54 ans. Les handicaps sont très divers : microcéphalie, hydrocéphalie, trisomie, retard psychomoteur, retard du langage, etc...




Juan

             L'objectif du foyer est de procurer à tous, les conditions d'une vie décente, de développer leur potentiel, leur estime de soi et de promouvoir leur intégration sociale.  Ceci dans une atmosphère familiale et aimante.
           Le Foyer est organisé autour de 4 maisons selon l'âge et les problèmes particuliers de chacun.



José Lino


             La maison 4 héberge des adultes dont l'âge va jusqu'à 54 ans.  7 d'entre eux ont été choisis pour le projet-pilote. Ils ont de 17 à 40 ans mais leur âge mental  est de 8 à 10 ans.  Le but du projet est l'intégration sociale, l'apprentissage d'un travail salarié, l'initiation à la gestion d'un pécule personnel.

           Les occupations principales ont été la lessive, le nettoyage et l'entretien du matériel et des locaux, l'aide à la cuisine, le soin des plus petits.  Comme le Foyer assure un encadrement scolaire adapté, ces activités se déroulent principalement le samedi et le dimanche et tous les matins pendant les vacances.

             Les participants se sont montrés responsables.  Ils ont appris à signer leur nom, à s'occuper des plus jeunes, à s'entraider et à utiliser leur argent personnel à bon escient.

           Sofia, la plus âgée des participantes, s'est investie dans un programme d'épargne au sein du Foyer : le "Cuchubal".


Sofia et un petit groupe d'amis


                  Le "Cuchubal", qui existe dans certains pays d'Amérique Centrale, est un mécanisme financier collectif.  Chaque membre apporte sa contribution mensuelle à un fonds d'épargne qui permet l'octroi de prêts. Les groupes - de 12 personnes maximum - se réunissent régulièrement, organisent de petites fêtes et servent, ainsi, à renforcer la cohésion sociale.


Sofia, José Lino, Juan et Marco 

                  Selon les propres mots de Paty Diaz : "Le succès de l'expérience peut sembler petit aux yeux de certains, mais, pour nous qui vivons avec ces jeunes et adultes, il est très grand.  Chaque jour est une aube nouvelle pleine d'espérance, de sourires et d'affection...Même si, comme dans chaque famille, il y a des problèmes que nous nous efforçons de résoudre. Nous exprimons ici notre gratitude envers EW."




José Lino à la vaisselle/ José Lino washing up



(Voir plus loin pour d'autres photos)

ENGLISH-LANGUAGE VERSION :

FOLLOW UP PILOT PROGRAM - GUATEMALA


             
             The EW pilot-project in favor of the handicapped from the Anini Center in Guatemala City has been very successful, according to Paty Diaz, our relay-person on site and the head of the project.  (See our blog article dated Feb. 25th, 2015.)

           The Anini Center was founded in 1985 in Guatemala City by a group of about a dozen volunteers.  It is a humanitarian, non-profit organization with no political affiliations.  At the present time about 70 residents live there and are well and lovingly taken care of.  Their ages range from 18 months to 54. They are mostly orphans and abandoned children and adults.  They suffer from various handicaps : microcephalus, hydrocephalus, Down syndrom, language and mobility problems, etc...



Marco


              The objectives of the Center are to give to all the conditions of a decent life, to help develop their capacities, to build and reinforce their self-esteem and to work towards social integration.  All this in a loving and family-like atmosphere.

           Four houses make up the Center. Each one is adapted to age and/or specific problems




Juan in the kitchen

              House n° 4 welcomes adults between 18 and 54 years of age.  7 of them have been chosen for the pilot-project : 5 men and 2 women. Though they are between 18 and 40, their mental ages generally range between 8 and 10.  The project aims at making them responsible for a specific job for which they get a salary, and enabling them to use personal gains in a wise manner. It is also a way to facilitate social integration.

           Their principal activities are : helping with the laundry, cleaning and maintaining the premises, working in the kitchen, taking care of the younger ones, etc... These activities take place mostly on week-ends - as the Center provides adapted schooling and education - and in the mornings during school holidays.

             The participants have learned to sign their names, to be responsible, to take care of the young ones, to help each other and to make good use of their own money.

           Sofia, the oldest of the group, has been very active in a savings program inside the Center, the "Cuchubal".   



Salle à manger du Centre/The dining-room

                   The "Cuchubal" is a savings program,  popular in Central America. It is a collective organization.   Each member contributes every month to a common fund which will be used to lend money for those who need it for a specific purpose. The loans have to be approved by the members.  The "Cuchubal" groups are small, 12 persons at the most. They get to know each other, they meet regularly and organize dinners and parties thus contributing to reinforce social cohesion.
      



Repas d'un plus petit/Feeding a young kid
                  To quote Paty Diaz's own words : "The success of the experiment might seem small to an outsider but, for us who live with these young adults, it is great.  Each day brings a new awakening, hope, smiles and affection...Even if, like in any family, we encounter problems which we do our best to solve. We express our gratitude to EW".






mercredi 23 septembre 2015

EW and Tribal Education - Part 3 / EW et l'éducation chez les enfants tribaux - 3è partie



Anglophones, Please Scroll Down !

Assemblée le matin à l'école de Sholurmattam /  Morning Assembly at Sholurmattam School

EW et l'éducation chez les enfants tribaux : 

3è partie

          Voici le dernier volet des trois articles consacrés à la récente mission pédagogique EW auprès des enfants tribaux de la région de Kotagiri, dans les montagnes du nord-ouest du Tamil Nadu.  Cendrine et Hervé Paul-Guers, membres EW depuis la création de l'ONG, nous ont fait parvenir ce témoignage :
                 "L'école de Sholurmattam, à flanc de colline, accueille 300 élèves de la petite section de maternelle (3 ans) à la 3e (14-15 ans) - dont la grande majorité provient de la caste la plus basse de l'échelle sociale tamoule ("Tribals").  Dans les écoles indiennes, il incombe aux parents de s'acquitter d'importants frais (inscription, ou encore livres, fournitures, uniformes...), mais Sr. Leema, Directrice de l'Ecole de Sholurmattam, nous a dit qu'au moins 50% de ses élèves sont accueillis gratuitement pour cause de grande pauvreté...  La moitié des parents travaillent dans les plantations de thé et gagnent à peine l'équivalent de deux dollars par jour - somme qui ne couvre même pas leurs besoins vitaux.  Quand nous descendions sur le terrain de sport, nous trouvions des enfants du village, à moitié nus et sans chaussures.  Annick (la fille de Cendrine et Hervé) nous a dit : 'maintenant je sais ce qu'est la vraie pauvreté'.

          L'école est desservie par deux services de bus qui amènent les enfants tribaux habitant les villages des alentours. Les cours se déroulent de 8h30 à 15h30.  Les lundi, mercredi et vendredi à 9h30 a lieu l'assemblée dans la cour: chant de l'hymne national, rappel des grandes règles de comportement (tenue vestimentaire, principes à suivre et autres exigences), et levée du drapeau le lundi.  Il s'agit d'une école bilingue (tamoul - anglais) où les enfants reçoivent des cours de sciences et de mathématiques, d'histoire-géographie, mais aussi une formation en Hindi (langue nationale).  Le jeudi - 'Sports Day' - il y a également une initiation au karaté et à la danse.
     

Hervé mène un "Jeu de Devinettes" / Hervé leads a "Guessing Game" on Dangerous Animals for the Tribal Children

                Toujours, selon Cendrine : "Notre mission d'enseignement s'est passée comme un éclair, surtout la dernière semaine.  Cependant, même à la fin de notre séjour, il était toujours difficile pour les enfants de s'exprimer.  Une courte immersion dans des méthodes pédagogiques "à l'occidentale" ne suffit pas à changer fondamentalement la donne : un "bon" élève indien doit être vu mais pas entendu...  Ceci dit, partir du quotidien des enfants a été la porte d'entrée la plus fertile, notamment quand ils ont été sollicités pour parler des occupations de leurs parents ou des membres de leur village.  Partant d'une petite présentation sur les activités pratiquées à Chembakolli, nous avons demandé à chacun d'utiliser les différents thèmes abordés (types de culture, cueillette du miel, différents fruits poussant autour des maisons, animaux d'élevage etc).  De telles méthodes ont aidé les enfants à utiliser leur anglais. 

          Autre élément positif:  l'enthousiasme des élèves pour participer à des sketches ou à des formes d'oral liées à des jeux d'action ou des devinettes (même si, une fois sur place, beaucoup "séchaient"). Hervé a observé la rapidité d'apprentissage des enfants, même chez les tout petits (4 ans), quand une dimension ludique a agrémenté la leçon.  Il est plus facile d'apprendre lorsque le professeur demande de se cacher sous la table ou de mettre son cahier sur la tête !  Cela change du "par coeur" - axe privilégié de l'éducation indienne traditionnelle.


Cendrine, Annick et les enfants / Cendrine, Annick and the younger pupils

          Nous avons découvert que notre dernier mardi était une journée de congé local pour célébrer le « Jackfruit festival ».  La directrice nous a proposé un programme sympathique pour mettre à profit notre journée: le matin, visite de la plantation de thé voisine qui produit 11,000 tonnes de thé par an, dont la plus grande partie est destinée à l'exportation.  La récolte des feuilles (un travail exclusivement féminin) est déjà très rude et mal payée - et les centaines de travailleurs sur le lieu de transformation ont également des conditions très pénibles.  Les femmes dans les usines doivent porter des charges allant jusqu'à 40 kilos, et les hommes souffrent aussi (poussières, extrême chaleur).

          Après le déjeuner, nous voilà repartis pour l'aventure !  L'école a gentiment mis Abichek - élève de 3è - à notre disposition pour nous guider lors de la visite du village de Kil-Kotagiri.  Nous avons pris le thé avec des parents d'élèves Boduga, un groupe parmi les peuples «tribaux». Il nous ont offert du «jackfruit», dont la saveur fait penser à celle du melon.  Ensuite,  ils nous ont emmenés au temple ; les Bodugas sont animistes (cf: légende du dieu arbre).  Leurs croyances pré-datent la religion hindoue.  Sur le chemin du retour, nous avons croisé la professeur d'histoire-géographie, qui a aussi voulu nous inviter chez elle.  Sa famille nous a réservé un accueil chaleureux. Son grand-père était professeur d'anglais et dessinateur doué.  Chez elle, les murs du salon sont ornés de dessins de personnages politiques célèbres (Gandhi, Nerhu etc).



Cendrine Paul-Guers et le Professeur de Sciences Sociales / Cendrine and the Social-Science Teacher

          Le dernier jour de notre mission, Leema, la Directrice - visiblement satisfaite de notre travail - nous a demandé de faire une « formation » pour les professeurs de l'école, afin d'expliquer notre démarche et les techniques pédagogiques utilisées ; ceci pour inciter les enseignants à varier les leurs. Nous avons commencé par le jeu « Jacques a Dit », en faisant participer tous les profs, et nous avons évoqué l'intérêt de varier les situations d'apprentissage pour essayer de faire parler les élèves (écouter / comprendre / écrire / parler... en paires, en groupes, ou en classe entière).  Il faut également varier les supports : dessins, "flash cards", mots croisés pour jeux de devinettes. Draps, marionnettes ou voix pour des "action games".  Textes à trous, histoires écrites ou orales pour aboutir à des jeux de rôle, etc...  A la fin, Annick, notre fille - qui a co-animé certains cours avec les tout-petits - a enseigné aux profs la chanson "Heads and shoulders, knees and toes..."  En guise d'au-revoir, Hervé a proposé «un pendu»...  Belle participation des profs de l'école qui étaient jusque-là assez timides."


Hervé Paul-Guers dans l'appartement, en face de l'école / Hervé in the Family's Apartment, right Across from the School 

          Cendrine et Hervé ont conclu leur témoignage et leur bilan avec quelques mots concernant les conditions matérielles de leur mission :

         "Nous avons déjà évoqué les conditions de logement : Pour la vie quotidienne, il est important de ne pas s'attendre à un niveau de confort européen (pas d'eau courante, fréquentes coupures d'électricité)... Quelques mots sur la nourriture : Leema a veillé à ce que nous soyons bien nourris et la cuisinière nous préparait des plats pas trop épicés.  En contrepartie de notre bénévolat, l'école nous a offert logement et nourriture.  Après la journée d'école, nous nous baladions à pied dans les environs, avec un couvre-feu imposé à 18h30 - heure de sortie des animaux sauvages (ours, bisons, tigres, etc).  Après cela, nous faisions des jeux avec les enfants locaux.  Lectures et jeux de société agrémentaient nos soirées en famille... mais pas d'internet.  Au cours de nos weekends, nous avons découvert des villes des alentours - Kotagiri, Ooty, Réserve de tigres de Motubalai, ou encore Mysore - magnifique ville historique et culturelle…"


          Cendrine et Hervé ont tiré un bilan très positif de leur mission EW :
          "Quelle belle expérience pour nous et nos deux enfants !  La présence de professeurs volontaires a été appréciée par tous, et perçue comme un échange enrichissant..." 

          Leema souhaiterait renouveler l'expérience et voudrait que EW envoie d'autres bénévoles ou augmente son soutien financier en faveur des enfants tribaux.  Plus facile à dire qu'à faire.  Il est clair qu'aucun étudiant français ne pourrait se déplacer pendant l'année universitaire, sans compromettre ses propres études.  De plus, des jeunes à peine sortis de l'adolescence ne sont guère préparés à faire face à des défis inhérents à ce genre de mission.  Il faut une polyvalence, une maturité, une expérience inter-culturelle permettant aux intéressés de relever les challenges auxquels ils devraient faire face.  De plus, les participants éventuels auraient à payer leur billet d'avion aller-retour parce que EW ne prend jamais à sa charge les frais de transport, même pour les stagiaires...  Notre ONG continuera à faire de son mieux... Et nous tirons notre chapeau à toute la famille Paul-Guers pour son engagement, son investissement et son enthousiasme - qui étaient de nature à garantir la réussite totale de cette mission.
 

(Voir plus loin pour d'autres photos)

  

ENGLISH-LANGUAGE VERSION

 EW and Tribal Education - Part 3

          
          The Sholurmattam school has about 300 children, from ages 3 to 14-15, and is made up mostly of tribal children - belonging to the lowest of all castes on the Tamil social scale.  All schools in India require parents to pay - tuition, fees, uniforms, books, etc... but Sr. Leema, the Sholurmattam headmistress, indicated that fully half of her student body is given a free ride, as parents are too poor to pay anything at all.  At best, parents might hope for a job in one of the neighboring tea plantations, but daily wages there top out at just a few dollars per day - which is not a living wage for a family.  When Cendrine and Hervé Paul-Guers would go down to use the school's "sports ground", they'd find children playing there who were only... "half-clothed, and shoeless".  Annick, the family's daughter, remarked : "I finally know what real poverty looks like"...

          There are two bus services per day to bring in the tribal children from outlying areas.  Courses are held between 8:30 a.m. and 3:30 in the afternoon, and three times per week there is a general assembly - with the national anthem and a raising of the flag, and a reminder about basic rules - including the dress code and expected behavior.  In addition to classes in Tamil and in English, sciences and math and social sciences, students also get instruction in karate, Hindu language and dance.  


Cendrine portant le sari qui lui a été offert pour ses 25 ans de mariage ! (Leema est à droite, en rose)/ Cendrine modeling the 9-meter sari that was given to her on the occasion of her 25th Wedding Anniversary (Headmistress Leema is on the right, in a pink sari).

           Cendrine indicated that the tail-end of their pedagogical mission just sped by.  Madame Paul-Guers noted that it was still somewhat difficult to get pupils to open up and participate.  A few short weeks of "Western-style" education was not necessarily enough to overcome a life-time of taboos ; an Indian pupil is definitely meant to be seen and not heard !  However, many students, said Cendrine, were eager to share their own life experiences and the Paul-Guers team was able to use this as a valuable starting point.  Get the children to talk about their household activities and village life.  After one such presentation, Cendrine asked each one of the pupils to develop all the possible themes that had been brought up, namely the types of harvests, the way to collect mountain honey, the types of vegetation and fauna around them...  All of this proved very fruitful and helped draw the children out, so that they could express themselves in English.

          Another very positive element :  the children were very enthusiastic about participating in all sorts of sketches, or oral exercises linked to "action games" and guessing games and role-plays.  Hervé was struck by the rapidity with which kids were mastering all sorts of new information, including the very youngest pupils (about age 4).  It is always nice to learn while having fun, rather than relying just on rote memorization, a pillar of traditional Tamil education...


Cendrine en cours avec les petits / Cendrine in Class with Some Younger Pupils

          The last week of the latest EW teaching mission was marked by a day off for the children, as it was the Tamil "Jack-Fruit Festival" !  This was put to good use, giving the Paul-Guers family the opportunity to go visit one of the local tea estates, which alone produces 11,000 tons of tea per year, much of it for foreign export. The tea harvest (an exclusively female job) is already very physically demanding and poorly paid, and those hundreds of workers on any single tea plantation, during the 4-step process to prepare the tea leaves, also work in difficult conditions.  Women carry loads of up to 40 kgs. (88 lbs.) and men's work is also grueling.

          Later that same day, the family was provided with "student guides" to go and visit and share tea with some tribal families - whose religious beliefs pre-date Hinduism (these peoples are animists).  The social-science teacher also invited the Paul-Guers family in to visit with her own family and the welcome was extremely warm.  Her father, a former teacher of English, was also a very talented artist and the walls of the home were filled with drawings of some of India's most famous personnages (Gandhi, Nehru)...


Assemblée du Matin / Morning Assembly

          The last work day, Headmistress Leema asked the EW couple to come in and provide a special teacher-training lesson, so that all the other teachers in Sholurmattam might benefit from these new Western pedagogical methods.  So Cendrine and Hervé explained their outlook and the types of activities they'd been using.  They had the staff members themselves playing "Simon Says" and then discussed the benefits of regularly varying learning situations, and getting the pupils to work in pairs or small groups.  How to use drawings, news articles, puppets, games, flash cards, role plays, fill-in-the-blanks, etc... and the session ended with daughter Annick leading a round of "Heads and Shoulders, Knees and Toes" ! It was wonderful to see all the Indian teachers participating enthusiastically, they who also tended to be on the shy side...


Plantation de thé - une grande partie de la production locale est destinée à l'exportation / Tea Estate : Much of the Local Tea Production is for Foreign Export...
          Hervé and Cendrine included a word or two about their living conditions before summing up their stay in the Nilgiris region.  The school cook perfectly catered to the family's needs by preparing food that wasn't "overly spicy" and the school provided totally free room and board in exchange for free courses.  There was certainly free time after school to discover the area, but there was a kind of imposed curfew as of 6:30 p.m. - due to all the wild animals in the area who would come out to drink at that time of day - be they tigers, bears, or wild bison.  So evenings were spent playing with local children or engaged in family activities indoors.  Weekends were used to roam farther afield - to Ooty, the famous "hill station" nearby, or to the Motubalai Tiger Reserve or the heritage site of Mysore...

          Overall, said Hervé and Cendrine, "this was a wonderful experience for us and for our two children".  And these feelings were obviously reciprocal, as Leema, the Headmistress, was eager for EW to send down yet other interns to pursue the project or to invest directly in her particular school for tribal children.  Easier said than done.  Obviously, no French students would be coming down during the academic year - an interference with their own studies.  Moreover, young 20-somethings are not always prepared to tackle these kind of challenges, when they, themselves, have never been abroad at all and have no idea of what might be waiting for them from a socio-cultural point of view.  It is also necessary that any future participants pay their own way down to India, as EW does not subsidize any foreign travel costs, even for our interns.  EW will continue to do its utmost, and hats off to the entire Paul-Guers family for their commitment and investment and enthusiasm to make this EW mission a total success.



Annick, le dernier jour, enseigne aux Professeurs une "chanson interactive" lors de la session de formation pédagogique / Here is Annick Paul-Guers, the last day, leading an "Interactive Song" during the "Pedagogical Training Day" Organized for the Sholurmattam Staff 

lundi 31 août 2015

Melinda Tims : 1957-2015

ANGLOPHONES, PLEASE SCROLL DOWN

 

Jeune Fille préparant un "Kolam" pour le Mariage de sa Soeur - Chennai (photo MRT)

 

NB : Pour toute personne qui souhaite faire un DON à EW, il suffit d'envoyer un chèque libéllé à éducation.world + envoi =
Chez Furois / 29 rue Chevrier / 86000 Poitiers (France)

 

Mélinda TIMS - Secrétaire EW 

1957-2015

 

 
Melinda at "Spring Cottage" in Poitiers, France

 

ENGLISH-LANGUAGE VERSION :

Melinda TIMS - EW Secretary

1957-2015 

           Melinda Tims, one of the original three co-founders of EW and its current Executive Secretary, died in France, in Poitiers on August 29th - the result of industrial poisoning and ensuing inoperable lung cancer.

          Back in 2003, Tims was determined to do more than complain about the state of world affairs.  She was not to be satisfied with writing out checks to others to try and make right - although she continued to support many other valuable causes for the rest of her life like Amnesty International, Greenpeace, the French Anti-Nuke Lobby, International Human Rights and immigration issues, the French Right-to-Die League, etc...  

          So she was instrumental in helping start up a small NGO to pool the time, energy and resources of all those interested in integrated development, social justice and international solidarity.  Whereas the intial years were focused more on educational issues, over time the general perspective broadened to include a more "integrated" approach, based on economic justice and micro-credit to alleviate poverty, as well as questions of infrastructure - particularly adequate water supplies for the downtrodden.

          Tims devoted countless hours to the NGO, including numerous overseas missions - all at her own expense - all while working full-time as an Associate Professor at the University of Tours.  She was also interested in music (voice, violin), loved reading and photography.  She will be sorely missed by all of us here at the EW headquarters in Poitiers, but also by all those who knew and respected and loved her - around France and Europe, North America, and throughout the developing world - where she always played a vital role in helping determine EW policy.  Loving testimonials flowed in prior to her death, like this email from a Tamil contact :

"Melinda, I need you to know, every member of my family needs you to know: 

- that you are and will be a stirring example of uncompromising integrity and compassion for your fellow human beings,

- that you are loved and you will be missed... not just by your immediate friends and family but by hordes of unknown of different castes, colours and creeds,

- that all those people in our remote Indian villages,  their silenced or muted voices were  so ably represented through your passionate writings and expressive photographs and they exist for the world to see through your blog,

- that  every single person who has one more drop of water for generations to come,  thanks to your efforts,  will certainly bless your name for all eternity,

- that all our lives are so much better because you walked this earth..."
(email excerpt).


          Tims spent her very last months and weeks in NGO fundraising : selling off her own household belongings in favor of EW.  While much was recycled or given away to the local needy, her extensive personal library, CDs, objects, furniture, etc was sold off, with all proceeds going to the NGO.  Indeed, she will be sorely missed, by all of us...

VERSION  FRANÇAISE :

         Melinda Tims, l'une des trois co-fondatrices de EW et Secrétaire de l'association depuis 2003, est décédée à Poitiers, le 29 août 2015, suite à un empoisonnement industriel qui a causé un cancer du poumon inopérable..

          Dès 2003, Melinda était bien déterminée à ne pas se contenter de pleurer sur les malheurs du monde. Ecrire des chèques ne suffisait pas bien qu'elle ait toujours  soutenu financièrement des associations telles que Amnesty International, Greenpeace, Réseau anti-nucléaire, Droits de l'homme, droits des migrants, ADMD, etc...

           C'est avec toute son énergie qu'elle a aidé notre ONG à fédérer toutes les ressources en temps et en investissement individuel de ceux qui s'intéressaient au développement intégré, à la justice sociale et à la solidarité internationale. Bien que les premières années de l'association aient été concentrées sur les problèmes d'éducation, très vite la perspective s'est élargie : approche plus "intégrée", basée sur la justice économique et le micro-crédit pour combattre la pauvreté, problèmes d'infrastructures en particulier l'alimentation en eau pour les déshérités.

           Melinda a consacré des heures innombrables à EW - ici et au cours de nombreuses missions à l'étranger - toujours à ses propres frais - et tout en assurant un plein temps d'Enseignement à l'Université de Tours en tant que Maître de Conférences. Elle s'intéressait à la musique (chant, violon) et était passionnée de lecture et de photo. Elle nous manquera beaucoup à nous ici à Poitiers mais aussi à tous ceux qui la connaissaient et la respectaient - en France, en Europe, en Amérique du Nord et dans les pays en voie de développement où elle a joué un rôle irremplaçable dans l'élaboration et la mise en place de la politique EW.

            Des témoignages d'affection profonde nous sont parvenus avant et après son décès. En voici un exemple venu d'une personne-contact au Tamil Nadu :

          "Melinda, je veux que tu saches, toute ma famille veut que tu saches :
- que tu es et seras toujours un exemple vivifiant d'intégrité sans compromis et de compassion pour tes frères humains,
- que tu es aimée et que tu manqueras non seulement à tes proches - famille et amis - mais aussi à d'innombrables personnes de toutes castes, de toutes couleurs, de toutes croyances,
- que les voix souvent réduites au silence des habitants de nos villages indiens les plus reculés ont été entendues et transcrites à travers tes écrits pleins de fougue, tes photos si expressives et qu'elles existent  aux yeux du monde grâce au blog EW,
- que toute personne qui aura eu une goutte d'eau en plus et ceci pour des générations à venir, grâce à tes efforts, bénira ton nom pour l'éternité,
- que nos vies sont tellement plus belles parce que tu as marché sur cette terre".

(extrait d'un courriel reçu avant la mort de Melinda).

            Melinda a passé les derniers mois et semaines de sa vie à récolter des fonds pour EW : vente de ses objets personnels, de ses livres, de ses CD's, au profit de l'association.

         Elle sera incinérée mardi 1er septembre. Elle n'a souhaité aucune cérémonie. Les personnes qui avaient l'intention d'offrir des fleurs sont invitées - par elle - à faire un don à notre association (chèque à l'ordre de éducation.world à envoyer à O.Furois, 29, rue Chevrier, 86000, Poitiers).

            Elle nous manquera cruellement.

    

            

          

            

          





     

 

 

 

 


         

          

mardi 4 août 2015

EW Pedagogical Mission - Kotagiri - Part 2 / Mission Pédagogique EW à Kotagiri - 2è Partie

ANGLOPHONES, PLEASE SCROLL DOWN  !

 

MISSION PEDAGOGIQUE EW à KOTAGIRI :

2è Partie

           Voici des nouvelles récentes de Cendrine et Hervé Paul-Guers, actuellement en mission pédagogique pour EW.  Ils travaillent avec des enfants tribaux dans la région de Kotagiri, au nord-ouest du Tamil Nadu :

             "Nous restons à l'école pendant la semaine, du lundi au vendredi.  C'est plus pratique pour la famille car, à la fin de la journée d'école, nos enfants sont fatigués, et les 40 minutes de bus, deux fois par jour pour regagner Kotagiri centre-ville, auraient été trop.  Nous nous sentons bien dans ce logement fourni par l'école et qui, de surcroît, dispose d'une vue magnifique, élément important pour nous.  Les deux chambres sont reliées par une salle de bains commune - permettant aux parents et aux enfants d'être à la fois reliés et de pouvoir s'isoler, si besoin est.  Le weekend, nous sommes allés en bus voir des chutes et un très beau point de vue panoramique, puis nous avons fait une balade à pieds...

          Jeudi, les élèves ont organisé une compétition école sportive.  Leema, la Directrice, nous a proposé d'aller visiter quelques villages tribaux des environs, où résident les élèves de Sholurmattam.  Ginna et une Professeur de tamoul nous ont accompagnés dans un bus de l'école. Nous avons bu le thé chez des parents d'élèves et croisé une maman qui nous a dit: " Ma fille aime beaucoup vos cours.  Merci".  Emouvant témoignage pour nous...

La tables du réfectoire des petits couvertes de riz à leur départ ; une écolière plie consciencieusement sa serviette / The school "lunch-room" after the noon meal ; one of the girls is folding up her tea-towel.

          A notre retour, à Sholurmattam, nous avons rejoint le terrain de sport. Des jeunes filles de la classe de 9è (équivalent de la 3è en France, c'est-à-dire 14-15 ans) nous ont entourés.  Ensemble, nous avons entamé une conversation passionnante et libre.  Les élèves  nous ont dit qu'elles aimaient nos cours. 'C'est très différent pour nous', ont-elles dit.   Certaines nous ont fais part de leurs plats préférés et d'autres ont répondu à ma question sur leur futur matrimonial: choix ou pas de leur mari ?  Annick a été estomaquée de leur réponse: la plupart n'auront pas le choix...  (Note de EW : il faut souligner que la plupart des Indiens, quant à eux, sont très surpris par la démarche occidentale.  Ils croient qu'un mariage heureux et durable ne peut pas reposer sur des passions souvent très passagères des jeunes adultes...)  Magnifique échange culturel.  


          Sur la question de la religion, les jeunes filles ont été étonnées d'entendre parler de notre agnosticisme, voire notre athéisme...  Une question a aussitôt fusé: 'mais dites-nous, alors, comment la nature a été créée ? Bonne question, en vérité...  Ces jeunes ont une grande vivacité et curiosité, hélas quelquefois moins perceptible à l'intérieur de l'école.  Bosco (personne-relais EW sur place) nous a expliqué qu'il existe une certaine auto-censure parmi les élèves.  Le poids de la tradition et de la hiérarchie, ainsi que la crainte de se faire remarquer ou de donner l'impression de remettre en cause l'autorité des adultes font en sorte que les élèves courbent un peu l'échine à l'école...
 
Karaté le jeudi - jour du sport / Karate class on Thursday, which is "sport's day"
          
          Luca, 7 ans, joue avec tout le monde, mais s'ennuie parfois à l'école car les journées de travail sont longues pour lui.   Il conserve, toutefois, sa belle humeur.  Les choses sont différentes pour Annick (14 ans).  Ses copines et ses repères lui manquent... mais elle avoue passer de bons moments avec les élèves de son âge...   Avec les écoliers et les adultes indiens, elle a un comportement positif et fait preuve de beaucoup de patience à l'école.  Parfois elle vient même faire de la co-animation avec les petits.  Nos deux enfant apprennent énormément ; nous aussi, d'ailleurs.  On peut se demander si notre participation n'est qu'une goutte d'eau dans la mer ; mais quelquefois la goutte tombe exactement là où il faut..."

        EW remercie toute la famille pour son engagement et son enthousiasme.  

(Voir plus loin pour d'autres photos)

 

English-Language Version :

EW PEDAGOGICAL MISSION :

KOTAGIRI - Part 2

           
           Here is recent news from Cendrine and Hervé Paul-Guers, currently engaged in a pedagogical mission for EW.  They're working with tribal children in the area of Kotagiri, in northwestern Tamil Nadu.

          "We are staying at the School during the work-week, from Monday through Friday.  It is the best housing situation possible for a family, as the school has available space for us, with a fantastic view out over the tea plantations.  We have 2 bedrooms, separated by a common bathroom, which makes it possible for us to be together, or to split off into the adults' quarters and the kids' quarters whenever necessary.  Over the weekend, we took the bus up to get a panoramic view of the nearby water-falls, and then we went for a hike...

          On Thursday, July 15th, it was "Education Day".  Pupils organized a sports competition, and Leema (the Headmistress) sugggested that we go and visit some of the nearby villages where students come from.  Ginna and the teacher of Tamil came along with us.  We had tea with parents of the school children. One mother came up to us and said : 'my daughter really likes your classes ! Thank you !'  Very moving feed-back...


Education Day, le 15 juillet : avec quelques sketches... / Education Day - on July 15th with pupils ready to give some sketches they had prepared...
           When we got back to Sholurmattam, we went out to the "sports field" where we saw a group of 9th-standard girls (ages 14-15).  An incredible, open-ended discussion ensued.  The girls indicated that they, too, really liked their courses with us, as such a type of instruction was entirely new to them.  Some indicated which foods they preferred.  Others freely answered my questions concerning the choice of any future spouse - would they "choose" their husbands or not ?  Our daughter was appalled at the idea that they would let their families choose for them, rather than engage in what Indians call a "love marriage".  (Note: almost all Indians are equally appalled at Western precepts, believing that a truly happy and long-lasting marriage should be predicated upon just about anything other than the passing sexual passions of teens or young adults !)  All of this was an incredible cultural exchange...

          As for the question of religion ?  The girls were amazed to discover that we are agnostics or outright atheists.  They immediately shot back : 'but then tell us, how was nature created ?'  Good question !  These teens are as vivacious as curious - which is sometimes easier to see outside the school itself.  Bosco has explained that there is a certain degree of auto-censorship amongst pupils.  The weight of tradition and hierarchy, a fear of 'standing out' or appearing to challenge authority-figures seems to 'keep them in line' during school hours...
Education day, le 15 juillet : des récitations et des discours... / Education Day - also the occasion for some speeches and poetry readings...
           Luca (age 7) enjoys playing with everyone, is happy but finds school-days a bit long for his taste.  Annick (age 14) is somewhat homesick and misses her circle of friends in France, but nonetheless has established a good rapport with the girls her age.  She even serves as a co-animator, helping us work with some groups of pupils, and she demonstrates a great deal of patience and has a great outlook when involved in this way.  Both the children are learning a great deal, as are we !  Sometimes we wonder if all of this is just a 'drop in the bucket', but then sometimes drops fall in just the right spot, and do irrigate in a meaningful way..."

          EW would like to sincerely thank the whole family for its enthusiasm and commitment to social justice - thanks for a great job !

lundi 20 juillet 2015

EW and the Tribal Children of Sholurmattam / EW et les enfants tribaux de Sholurmattam


Anglophones, Please Scroll Down !

 

EW et les Enfants Tribaux de Sholurmattam -

Nouvelle Mission Pédagogique

     
          Cendrine et Hervé Paul-Guers sont membres EW depuis le tout début de la création de notre ONG.  Il y a un an, Cendrine nous a demandé s'il serait envisageable pour la famille de partir en mission auprès d'un de nos programmes à l'étranger.  C'est pourquoi les membres du bureau EW qui étaient au Tamil Nadu et au Kerala ce printemps ont demandé aux partenaires qui, parmi eux, avaient besoin de bénévoles pédagogiques pendant l'été ?

          Pendant son séjour au Tamil Nadu, EW a rencontré beaucoup d'enseignants et d'éducateurs...  Une Directrice d'Ecole en particulier, Sr. Leema, a fait part, avec beaucoup d'insistance, d'un besoin réel d'intervenants - dans le but de renforcer les acquis des enfants tribaux dans le petit village de Sholurmattam, à une heure de bus de Kotagiri.  Etre pluri-lingue en Inde est la condition sine qua non d'une réussite professionnelle.  Ceci est d'autant plus vrai que la région en question (Nilgiris) se trouve aux confins de trois Etats différents - le Tamil Nadu, le Kerala, et le Karnataka - où l'on parle trois langues différentes...  Les responsables de l'éducation des ces enfants très défavorisés ont fait tout leur possible pour élever le niveau d'enseignement et ont obtenu l'autorisation de créer une école "English-Medium", c'est-à-dire une école bilingue (tamoul / anglais).  Pour mener à bien ce projet, cependant, Leema avait absolument besoin d'une aide solide pour que les enfants aient l'occasion de pratiquer l'anglais oral.
La famille Paul-Guers au départ pour l'Inde / The Paul-Guers leaving France for India - June 2015

          Cendrine, Hervé et leurs deux enfants (Annick, 13 ans, et Luca, 7 ans) ont répondu présents.  Cendrine est professeur d'histoire-géo dans une école secondaire dans les Alpes et enseigne en anglais pour les élèves de "Section internationale".  Hervé, ancien pilote professionnel, a beaucoup de flèches à son arc.  Après un poste d'ingénieur dans l'énergie éolienne, il est actuellement professeur en maintenance aéronautique ; l'anglais lui est également indispensable.  Toute la famille s'est lancée dans l'aventure avec une grande curiosité, et le désir de découvrir l'Inde du Sud et de connaître les réalités tribales et la culture locale en général...  Cendrine et Hervé sont tous les deux des professionnels impliqués, dynamiques, flexibles, avec un grand sens de l'humour.  Egalement un grand sens de l'humain et de la justice sociale.  Voici le premier numéro de leur journal de bord, dans lequel ils partagent le début de leur voyage et leurs premières impressions :

           "Départ - 30 juin, Aix-les-Bains, 6h30 du matin.  Quelques péripéties ont retardé notre arrivée (notamment l'attente d'un bagage resté à Londres, finalement récupéré 24h plus tard à Chennai).....  Arrivés vendredi 3 juillet à Kotagiri (Tamil Nadu).  Nous avons été accueillis par des frères Capucins, qui nous ont offert le gîte, ainsi que par Sona, l'une des enseignantes de notre école de Sholurmattam et le très serviable Bosco - personne-relais EW sur place.  Après avoir cheminé une heure sur une superbe route bordée d'eucalyptus bicentenaires, nous sommes arrivés à l'école lundi, vers 14h. Superbe vue sur les plantations de thé et la plaine au loin.
        


Cendrine (à droite) mène un "Action Game" - Les professeurs sont invités à participer au cours. Un élève joue le rôle du "teacher", et fait bien rire tout le groupe ! / Cendrine (on the right) leading an "Action Game".  Other teachers are invited to participate. A pupil plays the part of the teacher - and here he has the whole group in stitches !

          A l'école, les cours ont lieu cinq jours par semaine entre 9h45 et 15h30; sept périodes de 45 minutes et une de 25 minutes. S. Leema la Directrice, souhaite que nous couvrions presque tous les niveaux de l'école.  Nous travaillons donc avec des élèves de 4 à 14 ans ("IX Standard", équivalent 4e).

          Les enfants arrivent à pieds ou par le bus, certains ont jusqu'à une heure de trajet. L'uniforme à l'anglaise nivelle bien (à nos yeux) les différences socio-économiques entre les élèves.  Dans leur immense majorité, ceux de l'école sont pauvres, voire très pauvres.  Les frais de scolarité sont faibles pour l'Inde et, pourtant, certains parents n'en peuvent payer qu'une partie (frais de scolarité, de transport, d'uniforme).  Les élèves viennent avec leur repas et mangent en classe ou dehors, par terre.  Leema attend de nous qu'on fasse parler les enfants (spoken English), car ils sont assez réservés à l'oral.

         A la lumière de la première semaine d'enseignement, nous avons constaté que les enfants ont un bon niveau de compréhension, ont l'habitude de s'exprimer en répétant ce qui leur est enseigné.  Ils ont plus de difficulté à réagir quand on leur demande de décrire ou d'argumenter.  Il leur est également difficile d'avoir recours à leur imagination, d'exprimer des émotions ou de poser des questions.  (En Inde, ceci est considéré comme assez impoli, car cela sous-entend que l'élève remet en question l'autorité de l'adulte).     


Une classe de filles - Très majoritairement des enfants tribaux / A classroom of girls - all very largely from the local Tribal Communities.
               Les enfants nous ont accueillis avec joie et enthousiasme.  Ils veulent nous inviter chez eux, dans leurs villages tribaux.  Ils pratiquent deux langues ou trois ; il est impressionnant de voir le nombre de langues utilisées par les enfants.  Nous sommes ravis de découvrir cette mosaïque culturelle, lors de cette première semaine d'immersion en Inde.  Nos enfants ont été accueillis comme des rois, et sont touchés par les nombreuses marques de gentillesse et d'affection des élèves de l'école..."

          Tous - élèves et enseignants de l'Ecole bilingue de Sholurmattam - sont enchantés de cette opportunité, permettant aux enfants tribaux d'améliorer leurs compétences linguistiques.  Voici ce que dit Bosco Serafen - personne-relais EW sur place - à propos de la mission EW qui se déroule en ce moment :

          "Nous sommes très heureux de la présence de nos chers Hervé, Cendrine et leurs enfants.  J'ai reçu un retour sur leur travail de la part des enfants et des enseignants - et les louanges sont unanimes.  J'ai visité d'autres écoles desservant la population tribale, autour de Kotagiri.  Ces enfants ont vraiment besoin de notre aide aussi.  Beaucoup d'entre eux n'ont ni vêtements adéquats, ni nourriture suffisante, ni logement décent... Peut-être que nous pourrions les aider, eux aussi, dans l'avenir ?..." 

          Il semble donc que EW ait encore du pain sur la planche.  Mais, grâce à cette mission la plus récente, grâce à l'investissement important de Cendrine et d'Hervé, le renforcement des acquis pédagogiques des enfants tribaux a pris un très bon départ.  D'autres informations concernant cette mission vont suivre.  Bonne lecture et à bientôt - EW.             

(Voir plus loin pour d'autres photos !)

English-Language Version :
EW and the Tribal Children of Sholurmattam -
A New Pedagogical Mission

           
          Cendrine and Hervé Paul-Guers have been EW members since the very beginning of our NGO's adventures and, about a year ago, Cendrine inquired if it might not be possible for them to think about participating directly in a field mission with one of our projects.  So while EW officers were in Tamil Nadu and Kerala during this last spring, one recurrent question was - just who might be interested in pedagogical volunteers over the summer ?  

           While in Tamil Nadu, EW met all sorts of teaching professionals - and one School Director in particular, Sr. Leema, was extremely keen on the idea of extra support for the many impoverished children in her own school in remote Sholurmattam.  It is an essential factor for success to be pluri-lingual in India, and all the more so here in an area which is just within a stone's throw of 3 different States -Tamil Nadu, Kerala, Karnataka - where 3 different languages are spoken !  So those in charge of the education of this very under-priveleged group of children had decided to do everything possible to upgrade their level, having obtained authorization to organize an "English-medium school" (bilingual Tamil-English).  But Leema definitely expressed the need for help, so as to truly give the children proper exposure to oral English. 

 
Annick à l'école / Annick at School with Tribal Girls
          Enter Cendrine and Hervé and their 2 children, Annick (13) and Luca (7).  Cendrine is a history and geography teacher in a French secondary school in the French Alps, and only teaches in English as she works in the school's "International Section".  Hervé, a former professional pilot, has undergone several professional conversions, including engineering work in the field of wind energy and, now, a job in aeronautic maintenance - where English is also a must.  The entire family dove into this adventure, full of curiosity and eager to discover part of South India, the tribal realities and local culture in general.  Both are dedicated professionals, committed to social change, dynamic, adaptable, hard-working and funny - all huge assets in such a context... Here is their first travel-log in which they share the beginning of their trip and their first impressions :
          "Departure 30 June from Aix-les-Bains.  6h30 in the morning.  Some unforeseen circumstances delayed our arrival in Chennai, notably the loss of a bag which had been re-routed to London.  So we finally arrived in Kotagiri (Tamil Nadu) on July 3rd.  We were welcomed by some Capucin friars who were going to put us up, as well as one of the teachers, Sona, from the Sholurmattam school.

          Bosco - the EW Relay-Person on site - was also along.  We drove up the mountain, past 200-year-old eucalyptus trees, and finally arrived at the school itself around 2 pm.  A fantastic view over the distant plain below and all the luxuriant tea plantations.     

Hervé mène un "Guessing Game".  Une élève fait deviner une image aux autres, qui doivent poser des questions pour en faire la description / Hervé leading a "Guessing Game" - where a pupil has all others in the classroom ask questions so as to determine what the picture is about...

          In the school, courses take place five days a week, between 9:45 am. and 3:30 pm.  This is divided into seven different class periods, each 45 minutes long, and one short class lasting 25 minutes.  Leema, the headmistress, wanted us to interact with virtually all levels of pupils - from the little ones, age 4, on up to the 14-year-olds.  

          Certain children can walk to school ; others, from afar, come in by bus - with up to an hour's commute.  All pupils have to wear a school uniform - British style - which, in our eyes, is a great way to make socio-economic and class distinctions relatively disappear.  Overwhelmingly, the school population in Sholurmattam ranges from poor to ... dirt poor.  Although the school tuition, by Indian standards, is very low, many parents are still unable to afford such costs (tuition, transportation, uniforms, school books, etc).  All children come with their own lunch meals - which they eat on the floor or outside in the courtyard.  Leema has expressed that her objective is for us to get the children to actually use their oral English - as they are normally quite reluctant to express themselves.

          After our first week on the job, we have been able to ascertain that the tribal children actually have a relatively good level of overall comprehension.  They have been taught to reproduce exactly what they have been told ; however, they have a much harder time using English to describe or debate, or express their emotions or an imaginary scene...  They are not used to asking questions.  (In India, to do so is considered very impolite as it underscores that a child is actually questioning the authority of an adult).     


Annick, Cendrine et Luca - colline couverte de plantes de thé /  Cendrine and the kids in the middle of a hillside of tea-plants - near Kotagiri, Tamil Nadu (Inde)

          All the pupils welcomed us with enthusiasm and with open arms.  They want to invite us into their homes in their different tribal villages.  Many of them already speak two or three languages - amazing !  We have been delighted to discover this incredible cultural mosaïc and have enjoyed our first week of immersion in India.  Our children have been treated like royalty and have been touched by all the kindness and affection shown to them by their tribal counterparts"...

          Everyone at the Sholurmattam school is elated by this wonderful opportunity to help the local tribal children improve their language skills.  Bosco Serafen, EW Relay-Person on site had this to say about this EW pedagogical mission:

          "We are very happy with our wonderful Hervé and Cendrine and their children.  I have received feed-back from the children and the teachers, which was awesome !  I have visited some more schools around Kotagiri, where a number of tribal children are also studying. They also really need our help.  Many have no proper clothing or enough food.  Perhaps we can try and start helping these children in the future"...  

          So it appears that EW might well have more work cut out ahead but, thanks to this latest effort, we are all off to a propitious start here, thanks to Cendrine and Hervé and their language-immersion program in favor of the tribal children outside Kotagiri...  More soon from EW.